Les laitiers, piliers d’une économie circulaire industrielle locale
Dans le processus de fabrication de l’acier, certains matériaux générés en continu ont progressivement changé de statut.
Les laitiers, longtemps considérés comme des résidus, sont aujourd’hui reconnus comme des matériaux à part entière, utilisés dans de nombreux projets d’aménagement et de construction. Leur valorisation illustre assez bien la manière dont l’industrie peut contribuer à une économie circulaire locale, structurée et encadrée.
Pour une tonne d’acier produite, environ 600 kg de ce qu’on appelle des “co-produits” (produits issus du processus mais non nécessaires au résultat final recherché) sont générés, dont près de 280 kg de laitiers de haut-fourneau et 100 kg de laitiers d’aciérie.
Ces volumes constituent une ressource disponible localement, capable de se substituer à des matériaux naturels tout en réduisant, par là même, l’empreinte carbone de nombreux chantiers.
Que sont exactement les laitiers ?
Les laitiers sont la fraction minérale non ferreuse qui se sépare du métal en fusion lors de la fabrication de l’acier. Une fois refroidis et transformés, ils deviennent des matériaux granulaires solides, homogènes et résistants, aux propriétés mécaniques proches (voire équivalentes) à celles des granulats naturels.
Selon leur procédé d’origine, on distingue principalement deux types de laitiers, aux usages complémentaires.
Le laitier de haut-fourneau, lorsqu’il est granulé par refroidissement rapide à l’eau puis broyé, devient un matériau particulièrement adapté à la fabrication de ciments et bétons bas carbone ainsi qu’à d’autres liants hydrauliques.
Dans ce domaine, Ecocem France, entreprise dans laquelle ArcelorMittal détient une participation de 49%, joue un rôle majeur. Spécialisée dans le broyage de laitier de haut-fourneau, Ecocem France exploite notamment des installations industrielles sur les sites de Fos-sur-Mer et de Dunkerque, permettant la production de liants à faible empreinte carbone utilisés dans de grands projets d’infrastructure. Des chantiers emblématiques comme le Village des athlètes des Jeux de Paris 2024 ou certaines sections du Grand Paris Express illustrent ces usages.
Le laitier de haut-fourneau peut également être cristallisé : refroidi lentement à l’air, il est concassé et criblé pour être utilisé comme granulat de substitution dans la construction routière, les plateformes logistiques ou portuaires, ainsi que comme matière première pour la production de laine de roche ou l’alimentation de fours de cimenterie, contribuant là aussi à réduire les émissions associées au clinker.
Le laitier d’aciérie, issu de la transformation de la fonte en acier, se présente sous la forme d’un matériau granulaire dense, composé de silicates et d’oxydes complexes.
Il est utilisé pour la réalisation de chemins non revêtus, de buttes paysagères, de merlons acoustiques ou encore comme matière première décarbonée dans certains usages cimentiers. Ces applications sont strictement encadrées par des normes techniques et environnementales équivalentes, voire plus exigeantes, que celles applicables aux matériaux naturels.
Il est également utilisé dans des projets maritimes intégrant des structures de protection côtière ou de lestage, parfois associées à des dispositifs favorisant la biodiversité marine.
Une ressource locale pour les territoires
À Dunkerque, Fos-sur-Mer, Florange ou Le Creusot, les laitiers se substituent déjà à des volumes significatifs de matériaux extraits en carrière. Leur utilisation permet de réduire les transports, de limiter l’extraction de ressources naturelles non renouvelables et de proposer aux maîtres d’ouvrage des solutions locales, disponibles au plus près des chantiers.
La valorisation des laitiers repose sur une chaîne industrielle maîtrisée : tri, transformation, caractérisation, essais mécaniques et environnementaux. Les équipes d’ArcelorMittal travaillent en lien étroit avec des partenaires industriels, scientifiques et institutionnels afin de garantir la stabilité, la performance et l’acceptabilité de ces matériaux, notamment dans les ouvrages publics.
Une circularité déjà à l’œuvre
Au-delà des laitiers, ArcelorMittal valorise également en France d’autres co-produits issus de ses procédés industriels : oxydes de fer, poussières minérales, matériaux réfractaires ou encore flux métalliques recyclés ; en lien avec des partenaires spécialisés et des filières dédiées. Les gaz ou encore la chaleur produite lors des étapes de fabrication est aussi un très bon exemple de cette économie industrielle circulaire : l’usine récupère la chaleur générée pour alimenter un réseau de chauffage urbain desservant les collectivités voisines, réduisant ainsi la dépendance aux énergies fossiles et contribuant à l’efficacité énergétique locale.
Ces démarches s’inscrivent dans une approche globale de circularité, visant à optimiser l’utilisation de chaque matière générée. Les laitiers constituent toutefois aujourd’hui le levier le plus structurant et le plus visible de cette dynamique, par l’ampleur de leurs usages et leur contribution directe aux projets des territoires.